Annie Perreault, M. A., psychologue, Membre de l’OPQ

Bien avant d’être psychologue, je désirais travailler avec les personnes qui auraient à composer avec des séquelles physiques suite à des traumatismes.   Je croyais alors que la médecine serait le domaine d’études pour y arriver.  Cependant, j’ai orienté mon parcours d’études pour  me diriger vers la psychologie et choisir finalement une spécialisation en stress post-traumatique en formation continue.  Diplômée de l’Université du Québec à Trois-Rivières, je pratique à titre de psychologue, membre de l’Ordre des Psychologues du Québec, depuis 2000.
 

Vers une psychologie holistique et intégrative…

Tout au long de mon parcours professionnel, j’ai pu constater à quel point il était nécessaire en tant que psychologue de tenir compte de l’ensemble du vécu du client afin de bien l’aider à cheminer face à sa problématique.  Après les études universitaires, qui nous amènent généralement à contacter les différentes approches thérapeutiques, je me suis intéressée plus en profondeur à l’approche existentielle-humaniste, puis à l’approche cognitive-comportementale.   Par la suite, il me fut possible d’expérimenter les approches psycho-corporelles;  j’ai pu alors constater la puissance,  la profondeur  et le pouvoir rassembleur des approches théoriques et pratiques au sein d’une seule et même approche intégrative.

Au-delà des entretiens verbaux thérapeute-client, il est maintenant possible d’intégrer l’apport du corps, des sensations, d’un sentiment de sécurité ressenti dans le corps et d’une expansion de la personne, tant dans sa psychologie que dans son bien-être corporel.  J’ai donc considéré qu’une formation supplémentaire m’était nécessaire pour maîtriser davantage ce type d’approche thérapeutique.  

Après avoir complété un programme de plus de 400 heures en psychologie corporelle intégrative (PCI – Integrative Body Psychotherapy), je suis maintenant en processus de formation  continue aux États-Unis afin d’acquérir les notions et les compétences de  la Psychothérapie SensoriMotrice (Sensorimotor Psychotherapy™). 

Les concepts de psychologie intégrative et holistique se réfèrent donc à une vision intégrale et entière de l’humain.  Dans mon travail avec la personne devant moi, il m’est primordial de connaître l’ensemble de ce qui la constitue afin de bien orienter le travail thérapeutique, tout en considérant les attentes et les besoins exprimés face à ce cheminement de changement.
 

Vers une définition plus large du concept « Traumatisme »

Étant spécialisée en traitement des événements traumatiques ou développement traumatique, je suis également appelée à travailler les symptômes qui s’y rattachent.  Il est très fréquent d’observer des symptômes chez les personnes ayant vécu des traumas  et qui, à première vue, ne répondent pas à un état de stress post-traumatique proprement dit.  Certaines personnes, par exemple, suite à un événement traumatique peuvent éprouver de l’irritabilité et des problèmes de sommeil, ou encore un sentiment de découragement et une perte d’estime de soi.  D’autres vivront des changements d’humeur intenses ou des difficultés relationnelles.

Le terme « événement traumatique » est généralement décrit selon un point de vue objectif.  Il s’agirait d’un événement  qui a eu le pouvoir de faire peur, de menacer la survie ou l’intégrité d’une personne.  La personne traumatisée aurait alors le fardeau de la preuve d’expliquer « verbalement » comment cela a été vécu difficilement.  Cependant, chez plusieurs clients, cette définition ne correspondrait pas,  puisqu’objectivement, l’événement était « banal », sans connexion avec la peur ou un sentiment de menace intense.  Or, chez plusieurs personnes, des événements du développement ont été banalisé ou ont été analysés comme étant une expérience d’enfant ou une situation que n’importe qui vivra un jour ou l’autre.  En fait, il en aura  été tout autrement; le corps ayant enregistré quelque chose de menaçant, de profondément perturbant tandis que la conscience était hors connexion.  Donc, plusieurs personnes vont démontrer un ensemble de symptômes, mais la conscience d’un événement traumatique est déconnectée.   La personne dira par exemple : « Je ne sais pas pourquoi, mais depuis mon accouchement, j’ai toujours peur que mon bébé s’étouffe. »  Cette peur (que le bébé s’étouffe), n’a pas de connexion consciente à un événement proprement dit (je ne sais pas pourquoi).

Il est également possible d’éprouver un ensemble de symptômes qui ne représente pas nécessairement un trouble précis ;  il est alors essentiel d’en faire une évaluation juste et étendue, afin d’offrir un traitement approprié.

 
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